Je suis évidemment solidaire de mes voisins français dans leur combat pour
leurs libertés menacées par le projet de loi DADVSI
et je lis avec intérêt bon nombre d'articles publiés sur Internet.
Celui qu'un de mes compatriotes vient d'écrire se démarque des autres :
Défendre le droit sacré à l'infraction. Avec son habituel talent de
conteur, Ploum nous incite à prendre du recul face aux aspects techniques
omniprésents dans les discussions. C'est avec une logique toute évidente que de
sa question Mais cela me semble bien plus fondamental que cela : qu'en
serait-il de notre libre arbitre et de notre droit à ne pas respecter la loi
?
, il nous conduit à sa conclusion De la fatuité des DRMs... une tempête dans un verre
d'eau.
!
Je ne suis pas certaine d'être aussi convaincue que lui de l'impossibilité du
fonctionnement des limitations techniques, quoique... mais c'est le pouvoir de
l'argent qui m'inquiète le plus dans cette affaire.
En réponse à un commentaire, Ploum dit Mais je sais même pas ce que c'est
davdsi ! M'en fous, je suis belge
. C'est vrai que cette loi ne nous
concerne pas, mais les DRM oui, même s'ils sont fondamentalement stupides et
pas bien dangereux.
Quelques recherches à ce sujet m'ont fait découvrir un article particulièrement
intéressant de l'avocat Paul Van den Bulck : DRM : le difficile équilibre entre utilisateurs et ayants droit.
Il relate l'évolution des technologies numériques et leur impact sur la
diffusion des oeuvres culturelles, les réactions (ou absences de réactions) des
majors et de la majorité de ceux qui vivent de l'industrie culturelle. Tiens,
saviez-vous que le premier album téléchargeable sur Internet a été mis en ligne
le 30 août 1999 par David Bowie, à l'époque où Napster commençait à populariser
le téléchargement de musique ?
Mais il parle aussi de la nouvelle loi sur le droit d'auteur, qui manque de
clarté :
Cette disposition, particulièrement alambiquée et indigeste, signifie qu'à
condition que le Roi étende le bénéfice de cette action à l'exception pour
copie privée, les bénéficiaires pourront intenter une action positive à
l'encontre des ayants droit pour contrer une mesure technique de protection
entravant cette fois ci ce qui devrait être considéré comme un “droit" à la
copie privée.
Pour revenir à la France, il est un autre blog dont je ne rate jamais un
billet, celui de Tristan Nitot (le président de Mozilla-Europe). Il y a
longtemps que Tristan nous parle des DRM sur le Standblog, j'ai donc lancé une
recherche sur DRM et j'ai constaté que le premier billet date du 26 mai
2003. Il y est question d'un edito écrit par un homme politique (René Trégouët) qui parle
de logociel libre, Palladium et DRM. Je n'ai pas tout relu bien-sûr, mais
en faisant défiler les billets, mon regard a été attiré par une capture d'écran
dans le billet DADVSI, en quoi est-ce incompatible avec le logiciel Libre ?,
une page du site du Ministère où Tristan met ce passage en évidence :
Les mesures de protection n'empêchent pas l’utilisation de logiciels libres
pour écouter de la musique ou regarder un film, la diffusion du code source de
la partie du logiciel (plug-in) qui décode l'oeuvre sera par contre
limitée.
Mais ces événements ont cependant une conséquence inattendue sans doute,
mais très positive : l'implication d'un grand nombre de personnes (et
notamment beaucoup de jeunes) habituellement indifférentes à l'activité
politique dans leur pays. Les débats parlementaires qui ont eu lieu juste avant
la Noël ont été très largement suivis, commentés en direct sur les chats et les
forums. Des emails ont été envoyés aux parlementaires qui s'opposaient au
projet de loi, ils en ont fait un argument renforçant leur discours. Ces
journées importantes sont relatées avec enthousiasme sur Blogo Numericus :
Le jour où les machines sont entrées à l'Assemblée.
A lire ou à relire :
Trackbacks
La mort, un destin des DRM
- Grande-mère, c'est quoi un DRM? - C'est aussi facile que 1+1=2, mon
enfant! C'est quand tu demandes à ta maman d'acheter une chanson chez Sony BMG
et, comme tu ne peux la lire que sur des baladeurs Sony, tu obliges après ta
mère de t'acheter un
Commentaires
1. Le mardi mars 2006 à 14:23, par Ploum
2. Le dimanche février 2007 à 08:10, par Culture
3. Le mardi mars 2007 à 09:48, par Wok