Blog Webatou, le Web accessible à tous

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 22 octobre 2009

Entreprise de l'année 2009

Depuis 14 ans, Ernst & Young organise l'élection de l'entreprise de l'année (deux en réalité, une francophone et une néerlandophone). On peut dire que l'annonce  de l'entreprise élue cette année, une agence Web, a soulevé un véritable tollé !

A l'heure où j'écris ce billet, l'article publié mardi soir sur Datanews compte 195 réactions (et une quarantaine ont été supprimées). Dans mon premier commentaire, j'ai écrit

Après avoir passé 3 jours de rêve à Paris-Web (Accessibilité, qualité et design) en compagnie de professionnels passionnés par leur métier, je suis rappelée à la dure réalité du monde des affaires et de l'argent...

Certains ont parlé de jalousie de la part de concurrents. Je ne crois pas que ce soit le fait de la majorité des intervenants : anciens employés de l'entreprise, clients mécontents, personnes heureuses d'avoir résisté aux discours persuasifs des commerciaux, consultants et autres professionnels du Web... Les reproches portent sur les techniques commerciales, la qualité des sites Web et des services proposés.

En fait, ce que Ernst & Young récompense, c'est

Un esprit d'entreprise innovateur, une situation financière saine, de l'audace et de la persévérance pour assurer la croissance.

Proximedia, l'entreprise élue, mérite certainement son prix selon ces critères.

Mais quand on parle de L'entreprise de l'année il est logique de penser aussi qualité des produits ou services proposés, taux de satisfaction des clients... Il semble que les critères retenus par le jury ne soient pas de cet ordre. Le risque de confusion dans l'esprit du public est bien réel ! Je comprends et partage les inquiétudes et le courroux des professionnels du Web.

Je ne suis pas apte à juger des techniques commerciales. Mais la lecture de quelques témoignages (notamment dans les commentaires sur Datanews) et du site d'une Association de Défense Contre les Abus des Prestataires de L'Internet me laisse peu de doute.

Par contre je pense avoir quelque crédit pour émettre un avis sur la qualité et l'accessibilité d'un site Web. Et là... aïe, aïe...

Un dernier point m'a laissée sans voix dans cette affaire, la méthode de gestion de crise pratiquée par Proximedia :

  • dans un droit de réponse (tout à fait normal) sur Datanews, Fabrice Wuyts parle de préjugés, d'ignorance, d'intolérance... en terminant par des propos menaçants, ce qui a eu pour effet de faire exploser le nombre de réactions
  • un groupe s'était ouvert sur Facebook (on n'y disait que la vérité avec des exemples faciles à trouver via Google), il a dû être fermé suite à des menaces (mise en demeure, poursuites judiciaires, actions pour dénigrements...)
  • des blogueurs semblent avoir été victimes du même type de pression, au départ d'une recherche, j'ai trouvé des pages supprimées ou modifiées (le contenu ne correspondait pas à celui de la description affichée par Google)

A lire aussi

samedi 7 mars 2009

Accessibilité, encourager ou...

Juger ou critiquer, encourager ou démolir... Lorsqu'il est question de l'accessibilité d'un site Web et du respect des standards, les réactions sont parfois dures et sans appel, souvent écrites à chaud sans réelle analyse ou sans connaître les conditions de création du site.

Si je me suis déclarée en campagne pour des sites Web de qualité, conformes et accessibles, si je me joins à tous ceux qui se battent pour un Web meilleur, ce n'est pas pour démolir sans réserve tout ce qui est mal

Il m'arrive aussi d'être en colère en découvrant certains sites, d'être sévère et même virulente quand j'en parle. C'est particulièrement le cas quand aucun effort ne semble avoir était fait pour prendre en compte accessibilité et standards du Web.

D'une part, la bonne volonté des responsables d'un site ne suffit pas pour proposer un site conforme et accessible. De nombreux facteurs entre en ligne de compte tels que le budget disponible, la compétence de l'équipe de production, le temps disponible... D'autre part un site non conforme et non accessible ne résulte pas toujours d'un choix délibéré comme le montre ce commentaire de Raphaël :

Jusqu'au moment où j'ai eu une réponse du responsable de contenu d'un site d'une ville et qui m'a répondu, en substance, que mon mail l'avait troublé, qu'il s'était renseigné sur l'accessibilité numérique et qu'il avait compris que son choix d'agence web avait été (mal) conditionné uniquement par les arguments marketing de cette agence.

Je suis convaincue que la critique objective d'un site, même publique, peut être bénéfique en proposant une analyse des points positifs et négatifs, des esquisses de solutions. Il convient cependant de garder à l'esprit que des corrections ne sont pas toujours possibles (mode de fonctionnement d'une entreprise ou d'une administration, niveau de prise des décisions...)

Il y a quelque temps,  la ville de Bruxelles a mis en ligne la nouvelle version de son site et j'en ai publié une analyse. Hier j'ai reçu un email de Philippe Allard me détaillant le travail fourni pour tenter de répondre aux problèmes d'accessibilité du site et me proposant une rencontre pour discuter plus avant de ces questions.

J'apprécie... beaucoup !

Seul bémol : convaincu que contribuer à l'amélioration du site n'était pas le but de certains,  Philippe ne souhaite pas réintervenir sur mon blog. Je le regrette vivement, même si je peux le comprendre.

Lecture complémentaire

Conformité, validation et surqualité, un article d'Elie Sloïm publié sur OpenWeb et notamment ceci à méditer :

La mise en conformité absolue ne sera pertinente que si elle s'intègre dans une démarche globale d'amélioration de la qualité Web. Si les ressources mobilisées le sont au détriment d'autres aspects essentiels comme l'accessibilité, l'expérience utilisateur, la visibilité du site, la production et la qualité des contenus et services, c'est une démarche incomplète, voire à risques.



- page 1 de 3