Depuis 14 ans, Ernst & Young organise l'élection de l'entreprise de l'année (deux en réalité, une francophone et une néerlandophone). On peut dire que l'annonce  de l'entreprise élue cette année, une agence Web, a soulevé un véritable tollé !

A l'heure où j'écris ce billet, l'article publié mardi soir sur Datanews compte 195 réactions (et une quarantaine ont été supprimées). Dans mon premier commentaire, j'ai écrit

Après avoir passé 3 jours de rêve à Paris-Web (Accessibilité, qualité et design) en compagnie de professionnels passionnés par leur métier, je suis rappelée à la dure réalité du monde des affaires et de l'argent...

Certains ont parlé de jalousie de la part de concurrents. Je ne crois pas que ce soit le fait de la majorité des intervenants : anciens employés de l'entreprise, clients mécontents, personnes heureuses d'avoir résisté aux discours persuasifs des commerciaux, consultants et autres professionnels du Web... Les reproches portent sur les techniques commerciales, la qualité des sites Web et des services proposés.

En fait, ce que Ernst & Young récompense, c'est

Un esprit d'entreprise innovateur, une situation financière saine, de l'audace et de la persévérance pour assurer la croissance.

Proximedia, l'entreprise élue, mérite certainement son prix selon ces critères.

Mais quand on parle de L'entreprise de l'année il est logique de penser aussi qualité des produits ou services proposés, taux de satisfaction des clients... Il semble que les critères retenus par le jury ne soient pas de cet ordre. Le risque de confusion dans l'esprit du public est bien réel ! Je comprends et partage les inquiétudes et le courroux des professionnels du Web.

Je ne suis pas apte à juger des techniques commerciales. Mais la lecture de quelques témoignages (notamment dans les commentaires sur Datanews) et du site d'une Association de Défense Contre les Abus des Prestataires de L'Internet me laisse peu de doute.

Par contre je pense avoir quelque crédit pour émettre un avis sur la qualité et l'accessibilité d'un site Web. Et là... aïe, aïe...

Un dernier point m'a laissée sans voix dans cette affaire, la méthode de gestion de crise pratiquée par Proximedia :

  • dans un droit de réponse (tout à fait normal) sur Datanews, Fabrice Wuyts parle de préjugés, d'ignorance, d'intolérance... en terminant par des propos menaçants, ce qui a eu pour effet de faire exploser le nombre de réactions
  • un groupe s'était ouvert sur Facebook (on n'y disait que la vérité avec des exemples faciles à trouver via Google), il a dû être fermé suite à des menaces (mise en demeure, poursuites judiciaires, actions pour dénigrements...)
  • des blogueurs semblent avoir été victimes du même type de pression, au départ d'une recherche, j'ai trouvé des pages supprimées ou modifiées (le contenu ne correspondait pas à celui de la description affichée par Google)

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